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Rite Français
Temple Plateau Pierre brute

Le rite Français (rite pratiqué par la Loge PTL)

TablierRiteFrançais

Tablier au rite français

Le rite dit Français est aussi souvent désigné sous l’appellation de "Rite moderne". Il faut savoir qu'en France, par exemple, il a été réintroduit le 15 juin 1979 seulement, par deux ateliers de la Grande Loge Nationale De France, « Les Anciens Devoirs Â» et « St-Jean de Chrysostome Â». (Chrysostome : poisson aussi appelé poisson de Jérusalem, poisson de St-Pierre ou saumon des dieux. St-Jean Chrysostome : ecclésiastique qui vécut au 4-5e siècle après J.-C. et fut entre autres évêque de Constantinople. On dit de lui que la parole fut « Sa vocation et sa passion Â»).

Les origines véritables du rite dit Français ne sont pas simples à établir. Il faut en effet ici commencer par poser le problème de l'origine des pratiques qui avaient cours dans la Maçonnerie française à ses débuts.

Cette origine remonte à l'époque de l’introduction de la Franc-Maçonnerie en France, dans les années 1720 à 1730. La première loge parisienne est fondée en 1725, c'est la loge Saint-Thomas. Le Régent, Philippe d'Orléans (petit-fils de Louis XIII  et neveu de Louis XIV, qui dirigea la France durant la minorité du futur Louis XV, soit de 1715 à 1723), fut lui-même franc-maçon.
En 1753, est créée la Grande Loge de France. Dès 1743, la franc-maçonnerie s’était donné des ordonnances générales tirées des constitutions d'Anderson. Les éléments de base du rite Français tel que nous le pratiquons aujourd’hui étaient déjà présents à cette époque. Le rite actuel n’est en fait que le résultat du développement de ces éléments de base, développement qui va s’effectuer au cours du XVIIIe siècle.

Selon Daniel Ligou (Professeur à l’université de Dijon, auteur p. ex. des ouvrages suivants : Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, Histoire des Francs-Maçons en France), dans son passionnant ouvrage intitulé « Histoire des Francs-Maçons en France Â», la création, ou plutôt la mise au point du Rite Français, est un des événements capitaux de l’histoire de l’Ordre. Je cite : « Retracer l'histoire des francs-maçons en France, c'est avant tout, opposer la réalité des faits aux légendes. Cette réalité - l'Association d'«hommes libres et de bonnes mÅ“urs» - prend corps vers 1725. (…) La Maçonnerie Française est l’héritière des principes des révolutions anglo-nééerlandaises du XVIIe siècle. Dirigée par l’aristocratie à laquelle vient se joindre une certaine bourgeoisie, elle prend une forme particulière, celle d’une unité chaotique. Â»

La mise au point proprement dite aurait eu lieu en 1786, et nous pouvons en suivre l’évolution jusqu’à nos jours. Si toutes les Loges françaises ne furent ni régularisées ni créées par la Grande Loge Anglaise de 1717, il n’en reste pas moins vrai que la Maçonnerie française primitive et la Grande Loge anglaise entretinrent d’étroites relations.

La comparaison entre les textes français et les textes anglais de l’époque montrent que les rituels et les catéchismes étaient semblables, tout comme les pratiques maçonniques. On peut donc attester que l’origine première du rite français est anglaise, voire écossaise, bien qu'il faille, comme toujours en parlant de l’histoire Maçonnique, relativiser les choses.

L’appellation de « Rite français Â» ne remonte pas à la création de la Franc-Maçonnerie en France, mais apparaît à la fin du XVIIIe siècle. J’ai relevé qu’un tracé d’une délibération de la Chambre d’Administration du Grand Orient, qui était alors « régulier Â», fait mention d’une Loge constituée à l’Orient de New-York sous le « Rit Français Â» (notons au passage l’orthographe de « Rit Â»).

A cette époque, l'appellation de « Rite Français Â» désigne spécifiquement le régime pratiqué par le G.O.D.F., bien que ce dernier ne l’utilise que rarement dans les textes. Il semble probable qu’elle lui fut donnée au début du XIXe siècle, tout comme l’appellation de « Rite Moderne Â», par opposition aux noms de « Rite Ecossais Â», puis de « Rite Ancien Â», adoptés par le « Rite Ecossais Ancien et Accepté Â».

La Grande Loge Anglaise de 1717 fut plus tard appelée « Grande Loge des Modernes Â» par les adeptes de la Grande Loge rivale fondée en 1751 qui s’intitulait elle-même « Grande Loge des Anciens Â». La GLSA nous donne les informations suivantes à ce sujet: « A partir de 1751, se produisit un schisme qui allait diviser les Francs-maçons anglais en "Anciens" et en "Modernes". Les Anciens, qui n’avaient pas voulu adhérer à la Constitution de 1723, se référaient pour la plupart aux "landmarks" (règles, obligations) de la Loge d’York, laquelle prétendait remonter au 10e siècle. Ils créèrent donc une deuxième Grande Loge, celle des « Anciens Â», composée en majorité d’Irlandais, pour s’opposer aux Maçons Modernes regroupés autour de la Grande Loge de Londres qui avait pris en 1738 le titre de « Grande Loge d’Angleterre. Â»

Pour situer le Rite Français par rapport aux autres (hormis le Rite Emulation, qui est lui purement anglais), on peut mentionner qu'il n'a plus subi d'influences étrangères une fois mis en place et qu’il est resté aujourd’hui encore, très proche de la pratique générale des loges françaises du XVIIIe siècle. Cela ne signifie toutefois nullement qu’il prétende être supérieur aux autres rites quant à son contenu traditionnel et initiatique.

Au cours du XVIIIe siècle, les rituels pratiqués en France se sont développés, et de nouveaux éléments y ont été introduits, lesquels, ajoutés aux rituels britanniques du début, ont donné à la Maçonnerie de langue française un caractère qui la distingue très nettement des cérémonies anglaises, bien que le cadre reste finalement le même.

Ce développement a été facilité par le fait que la Grande Loge de France, puis son successeur, le Grand Orient de France, n’avaient pas de rituels officiels à leurs débuts, chaque Loge pratiquant le sien propre. C’est pourquoi le Grand Orient de France, dans le but de rétablir l’uniformité indispensable à la pratique Maçonnique, s’occupe, à partir de 1779, de la rédaction des rituels. Ce travail aboutit en 1785, et la rédaction finale est approuvée par l’Assemblée Générale du G.O.D.F. Les écrits prennent ainsi force de loi dans les Loges de sa correspondance, qui étaient en majorité des Loges françaises. Ce sont ces textes qui furent imprimés en 1801 sous le nom de « Régulateur du Maçon Â».

Nous pratiquons à  PTL le rite Français d’après ces textes. Pour précieux qu’ils soient, ceux-ci ont toutefois dû être modifiés au cours des années, en tenant compte, lorsque cela a été nécessaire, des usages Maçonniques en vigueur, des particularités des Loges et de documents qui les complètent sur certains points. Notre rituel actuel n’est donc pas le rituel exact du G.O.D.F. de 1801.

Et puis, au cours du XIXe siècle, la Maçonnerie Française connut une évolution capitale, qui la conduisit notamment en 1877 à l’abandon par le G.O.D.F. de l’obligation de la croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers, et par là-même, à la chute dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Irrégularité.

En 1911, un groupe de Maçons de cette obédience désormais athéiste souhaita revenir à une pratique Maçonnique plus traditionnelle et plus spirituelle. Le rite Français, dans sa forme altérée de 1881 (donc après suppression des passages faisant état du G.A.D.L.U.) restant le rite officiel du G.O.D.F., ces FF\ se tournèrent vers le R.E.R. et obtinrent l’autorisation de réveiller la Loge « Le Centre des Amis Â» dont les feux avaient été éteints en 1838.

Nous signalons au passage que ce réveil fut appuyé par le Grand Prieuré d’Helvétie, puissance maçonnique Suisse du Rite Ecossais rectifié, qui administrait les Hauts grades rectifiés. Edouard de Ribaucourt, Suisse et membre de ce Prieuré, deviendra d’ailleurs le premier Grand Maître de la nouvelle Grande Loge née de la scission et baptisée « Grande Loge régulière indépendante pour la France et les Colonies Â».

En décembre 1913, cette Grande Loge est reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre (rappel : Grande Loge Unie d’Angleterre = Grande Loge d’Angleterre + Grande Loge des Anciens + Irlande et Ecosse). Ses membres qui retrouvaient donc la régularité furent à l’origine de l’actuelle Grande Loge Nationale de France.

Cependant, l’absence du Rite Français à la Grande Loge Nationale de France apparaissait comme une anomalie. C’est pourquoi, dans les années 70, un certain nombre de Frères demandèrent à ce qu’il soit réintroduit. En parallèle, des Frères, sous la conduite du Frère René Guilly, entreprenaient de rétablir les rituels originels du Rite Français au sein du G.O.D.F. Cette Å“uvre sera ensuite poursuivie à la G.L.N.F.

Parmi les Frères qui pratiquaient alors le Rite Français au G.O.D.F., un certain nombre en vint à penser que le trésor de connaissances acquis auprès de ce grand érudit que fut René Guilly ne connaîtrait son plein rayonnement que dans le sein de la Maçonnerie régulière.

C’est ainsi qu’en 1978, ils rallièrent la G.L.N.F. où ils furent accueillis à bras ouverts. Ils rencontrèrent les autres Frères qui souhaitaient également réveiller le Rite Français dans la régularité, ce qui donna naissance aux Loges dont j’ai parlé plus avant, à savoir « Les Anciens Devoirs Â» et « St-Jean Chrysostome Â». Actuellement, plus de 100 Loges travaillant au Rite Français ont été créées à la G.L.N.F., ce qui représente, 2000 FF environ pratiquant une Franc-Maçonnerie proche de celle qui prévalut en France à l'origine.

Ce rituel est pratiqué aujourd'hui en France, en Belgique, en Amérique du Sud, et en Suisse.

Le Rite Français comprend 7 degrés : Apprenti, Compagnon, Maître, Elu, Ecossais, Chevalier d'Orient et Chevalier Prince Rose-Croix.

Fait intéressant : PTL est la seule Loge de la G.L.S.A. à travailler véritablement au Rite Français. Quelques rares Loges intègrent simplement des éléments épars du Rite Français dans leurs rituels, mais l’on ne peut pas à proprement parler dire qu’elles travaillent à ce rite.

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